Stravaganza

Programme de concert
Antonio Lucio Vivaldi
Sonata à Violino è Violoncello RV 820 in Sol maggiore*
Sonata à Violoncello Solo RV 44 in La minore
Arcangelo Corelli
Sonate V Op. 5 in Sol minore
Santiago de Murcia
Folías Españolas, Saldívar Codex No. 4 (Santiago de Murcia)
Improvisation sur le thème de la Folía
Arcangelo Corelli
Sonata XII "La Follia", Op 5
* Reconstruction du dernier mouvement réalisée par Guillem Gironès
Sous ce nom, Astrolabi propose un spectacle centré sur la musique italienne du XVIIème et XVIIIème siècles et son influence sur d'autres répertoires. La complicité existant entre les membres du groupe met en valeur l'expérience musicale et la fraîcheur d'un jeune talent naissant. Le répertoire choisi apporte variété et dynamisme. Le spectacle, d'une durée d'une heure, est un défi innovant qui, on l'espère, ne laissera personne indifférent.
Programme de concert
Toccata prima, libro IV d’intavolatura - Gio. Kapsberger (1580-1651)
Suonata prima, sonatina XII violino solo - Ignazio Albertino (1644-1685)
Preludio 12mo, libro IV d’intavolatura - Gio. Kapsberger (1580-1651)
Sonata quarta a violono solo (op. 5) - Marco Ucellini (1603-1680)
Toccata 9na et Passacaglia in A mionore, libro IV d’intavolatura - Gio. Girolamo Kapsberger (1580-1651)
Sonata quarta, op.8 - Biaggio Marini (1594-1663)
Toccata Xma, libro IV d’intavolatura - Gio. Kapsberger (1580-1651)
Sonata seconda, sonate concertante in stilo moderno, libro II - Dario Castello (1602-1631)
Au début du XVIIᵉ siècle, le violon connaît en Italie un essor décisif. Longtemps associé aux danses et aux musiques de plein air, il gagne progressivement une place de premier plan dans les ensembles instrumentaux du nord de la péninsule, notamment à Brescia, Crémone, Mantoue ou Venise. L’introduction de la basse continue transforme alors la manière d’écrire pour l’instrument : le violon peut désormais se déployer librement, improviser, varier, explorer les contrastes et les changements de caractère.
Le programme de ce soir reflète ce moment où naît un véritable langage du violon soliste. Biagio Marini, l’un des premiers à publier des recueils importants pour l’instrument, cultive un style proche de l’improvisation, nourri de danses et de diminutions rapides. Dario Castello, actif à Venise, propose une écriture plus contrastée, alternant sections lentes et passages virtuoses. Avec Marco Uccellini, figure majeure des cours de Modène et de Parme, le violon gagne encore en ampleur et en audace, notamment dans l’usage des registres extrêmes et des séquences rapides. Ignazio Albertini, plus tardif et moins connu, apporte une voix plus intérieure : ses sonates, publiées après sa mort, allient expressivité et rigueur contrapuntique. En contrepoint à ces œuvres pour violon et basse continue, les tocates et préludes de Giovanni Girolamo Kapsberger rappellent l’importance de l’improvisation dans la musique de cette période. Leur liberté rythmique, leurs ruptures et leurs gestes presque parlés évoquent l’art du luthiste et la part spontanée qui habitait les pratiques instrumentales du premier baroque.
Ensemble, ces pièces offrent un aperçu vivant d’une période fondatrice : celle où le violon acquiert sa voix propre et devient l’un des instruments les plus inventifs de la musique italienne.

